Le complément indemnitaire annuel, un outil de division.
Depuis que le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel a été mis en place, également connu sous le nom de RIFSEEP, la hiérarchie a reçu un outil supplémentaire, le complément indemnitaire annuel, ou CIA. Versé en fin d’année, l’administration présente le CIA comme un moyen de récompenser l’engagement professionnel et la façon dont les agents travaillent.
Cependant, cette explication cache la réalité. Le complément indemnitaire annuel est fondé sur des critères rarement explicités et difficilement contestables. En d’autres termes, il s’agit de distribuée de manière discrétionnaire, selon des décisions prises en interne qui ne sont pas transparentes pour les agents.
Dans la pratique, la CIA ne valorise pas vraiment l’engagement des agents, mais il crée plutôt une hiérarchie entre les collègues. Il érode les repères collectifs, encourage une concurrence diffuse et génère un sentiment d’injustice, surtout lorsque les différences de traitement ne sont pas fondées sur des critères objectifs.
Le complément indemnitaire annuel ne constitue pas un outil de reconnaissance pour de nombreux agents. Au lieu de cela, il est perçu comme un instrument de tri, exploité de manière silencieuse, qui dépend plus de l’appréciation subjective de la hiérarchie que du travail réellement accompli.
Ainsi, sous prétexte de modernisation de la gestion, la CIA participe à un mouvement plus large de remise en cause des garanties collectives. Il remplace les règles communes par une logique individualisée, où la reconnaissance devient variable et souvent contestée.
Notre syndicat exige :
- Que le complément indemnitaire annuel soit versé de manière égalitaire à tous les agents, quel que soit leur catégorie, leur grade ou leur lieu de travail ;
- Que toute forme de proratisation du CIA soit supprimée ;
- Que les primes soient intégrées dans le traitement indiciaire pour garantir des droits durables et transparents ;
- Que la valeur du point d’indice soit augmentée à 6€ et indexée sur l’évolution des prix, avec une revalorisation immédiate des traitements et des pensions d’au moins 300 euros par mois, en donnant la priorité aux catégories C et B pour réduire les écarts de rémunération ;
- Que les inégalités salariales entre les femmes et les hommes soient comblées de manière effective et immédiate ;
- Que la rémunération des agents contractuels soit alignée sur celle des titulaires pour des fonctions équivalentes, y comprenant le régime indemnitaire, et que les agents contractuels bénéficient de la possibilité de devenir titulaires ;
- Qu’un plan de requalification permettant le passage de la catégorie C à B, et de B à A, soit mis en place ;
- Que les grilles indiciaires soient refondues sur des critères lisibles, équitables et pérennes.
La CGT se bat pour les agents et avec les agents. Renforcer la CGT, c’est introduire davantage de justice et d’égalité, améliorer concrètement les conditions de travail et préserver la santé et la sécurité au travail au quotidien.




