Périscolaire : des annonces qui peinent à répondre aux besoins des équipes et des enfants
Lors de la présentation de son plan d’action pour le périscolaire le 3 avril, doté de 20 millions d’euros, Emmanuel Grégoire a surtout insisté sur la communication avec les familles. L’objectif principal était de rassurer sur la question des violences.
Le plan prévoit des mesures telles que la tolérance zéro, la transparence accrue, l’encadrement renforcé des recrutements, une cellule d’écoute et de signalement pour les parents. Ces mesures, bien que nécessaires, ne s’attaquent pas aux problèmes structurels du secteur.
L’exécutif parisien organise également une convention citoyenne sur les temps de l’enfant et le périscolaire. Une enveloppe supplémentaire de 10 millions d’euros est prévue pour la sécurisation des bâtiments. Le plan inclut aussi la création d’une école du périscolaire, qui proposerait une formation initiale de deux jours pour les agents et une école du BAFA.
Pour notre organisation syndicale CGT, ces annonces sont insuffisantes. Les tensions persistent et les situations rencontrées sont de plus en plus complexes. Les revendications vont au-delà de l’affichage politique.
La formation continue des animateurs est une nécessité. Les professionnels sont en première ligne face aux violences, conflits et fragilités sociales, mais ne disposent pas toujours des outils pour intervenir efficacement.
La reconnaissance passe également par la rémunération. Mieux payer les animateurs, c’est reconnaître leur rôle éducatif et leur engagement quotidien. Cela permettrait de rompre avec une logique qui les cantonne à une main-d’œuvre d’appoint.
Mais les enjeux dépassent la seule question salariale. La structuration d’ensemble du périscolaire est attendue. La création d’une véritable école du périscolaire pourrait inscrire la formation dans la durée. Cela permettrait d’offrir un cadre commun garantissant la qualité de l’accompagnement des enfants.
Le recrutement mérite également d’être repensé. Intégrer une assistante clinique dans l’évaluation des candidatures permettrait de tenir compte des dimensions relationnelles et psychologiques.
Ces propositions ne doivent pas rester au stade de promesse. Il faut une orientation cohérente pour un service périscolaire professionnalisé, reconnu, mieux formé et mieux soutenu. Cela permettrait de répondre aux enjeux éducatifs et sociaux contemporains.
À défaut, le plan annoncé risque de rester une série de mesures symboliques, sans inflexion réelle pour les enfants comme pour les équipes.




