Quand l’encadrement devient un risque pour la santé des agents
Dans un arrêt du 9 décembre 2021 (n°19VE02132), la Cour administrative d’appel de Versailles a confirmé une sanction d’exclusion temporaire de fonctions de deux ans à l’encontre d’une cheffe d’équipe territoriale. Les juges ont retenu des faits graves : abus d’autorité, surveillance excessive des agents, pressions répétées, création d’un climat anxiogène et pratiques managériales discriminatoires.
L’arrêt souligne notamment l’existence d’injonctions contradictoires, d’inégalités de traitement dans la gestion des congés et des horaires, ainsi que de manœuvres ayant contribué à diviser les équipes. Pour la juridiction, ces agissements dépassaient largement le cadre normal de l’encadrement et ont eu des conséquences directes sur la santé psychologique des agents et sur le fonctionnement du service.
Cette décision rappelle une réalité souvent minimisée : le management ne peut jamais s’exercer au détriment de la dignité, de la santé ou du respect des personnels. Une situation préoccupante au sein des PMI parisiennes
La CGT est régulièrement alertée par des agents confrontés à des situations de souffrance au travail. Aujourd’hui, une enquête administrative est en cours concernant des faits signalés au sein du pôle des psychologues des PMI de la Ville de Paris.
De nombreux professionnels font état d’une dégradation de leurs conditions de travail, marquée par une pression permanente, un climat relationnel détérioré et, pour certains, des situations pouvant s’apparenter à du harcèlement moral.
La souffrance des agents n’est jamais une affaire individuelle. Elle a des répercussions directes sur le service public. Lorsqu’un professionnel est fragilisé, épuisé ou placé dans une situation de tension permanente, c’est l’ensemble de la chaîne de prise en charge qui est affectée. Dans les PMI, cela concerne l’accompagnement des enfants, le soutien aux familles et la qualité du travail des équipes pluridisciplinaires.
La protection des agents doit être une priorité
Dans l’attente des conclusions de l’enquête administrative, la CGT demande que toutes les mesures conservatoires nécessaires soient prises afin de garantir la sérénité du service et la protection des personnels.
Nous considérons notamment qu’il n’est pas acceptable qu’une responsable faisant l’objet de signalements puisse continuer à conduire les entretiens d’évaluation professionnelle des psychologues concernés. Les évaluations doivent se dérouler dans un climat de confiance, d’impartialité et de respect mutuel, conditions aujourd’hui manifestement fragilisées.
Reconnaître les signaux d’alerte
Un environnement professionnel peut devenir toxique progressivement. Certains signes doivent alerter :
- absence de respect ou comportements humiliants ;
- absence de soutien hiérarchique ;
- contrôles excessifs et intrusifs ;
- inégalités de traitement entre agents ;
- injonctions contradictoires ;
- intimidation, menaces ou harcèlement.
- isolement organisé ou mise à l’écart ;
- manque de reconnaissance du travail accompli ;
- pression permanente et objectifs irréalistes ;
Ne restez pas seul·e
Face à ces situations, le silence profite toujours aux auteurs des violences organisationnelles.
Parlez en à vos collègues de confiance. Conservez les éléments factuels. Sollicitez la médecine du travail, les représentants du personnel CGT.
La CGT est aux côtés des agents pour les accompagner, les défendre et faire respecter leurs droits.
La santé au travail n’est pas une variable d’ajustement. Le respect des agents est une obligation. La qualité du service public en dépend.




