DÉCLARATION LIMINAIRE CGT-SSCAAT F3SCT Direction Santé Publique

 

DÉCLARATION LIMINAIRE CGT-SSCAAT

F3SCT Direction Santé Publique

 

 

Monsieur le Président, Madame la Directrice, Mesdames et Messieurs les représentants de l’administration, chers collègues,

Lors de notre rencontre, Monsieur Alibert, vous avez évoqué votre ambition pour une direction de la santé publique tournée vers les plus fragiles. La CGT prend acte de cette intention. Elle attend de voir.

La santé n’est pas un bien équitablement réparti. Les inégalités face à la maladie, aux polluants, aux conditions d’exposition sont documentées, mesurées, connues. La prévention, l’accès aux soins gratuits pour les personnes malades ou potentiellement contagieuses, la lutte contre les nuisances environnementales, tout cela ne relève pas du discours. Cela se finance et cela se fait avec des agents.

La CGT salue la création de nouveaux centres de santé dans les quartiers défavorisés. Elle rappelle simplement que ces centres n’ouvriront pas leurs portes seuls. Ce sont les mêmes agents qui, pendant le Covid, ont tenu sans défaillir, qui devront les faire vivre. Leur engagement n’était pas de circonstance. Leurs conditions de travail, en revanche, le sont de plus en plus.

La canicule n’est plus un événement. C’est un état.

En France, le nombre de jours de chaleur extrême a progressé de manière continue depuis dix ans. Certains locaux de la DSP affichent 33 degrés. Ce n’est pas une anecdote, c’est une donnée de travail. Les agents répondent présents, là aussi. Mais un engagement sans contrepartie finit toujours par se fracturer.

La CGT pose des demandes précises.

D’abord sur les conditions immédiates : une adaptation des horaires en période de canicule, une souplesse accrue sur le télétravail pour ceux qui le souhaitent, et une mise aux normes thermiques des locaux qui sont aujourd’hui de véritables passoires. Elle exige également que le CIA soit majoré de façon significative pour les agents ayant exercé leurs missions au sein de la DSP pendant les épisodes caniculaires. Ce supplément d’effort doit être reconnu, pas seulement salué lors d’un discours.

Ensuite sur les trajets. Certains agents habitent en lointaines banlieues. Ils voyagent dans des conditions indignes, dans des transports surchargés. Leurs hiérarchies doivent en tenir compte, concrètement, pas en principe.

Le sous-effectif n’est pas une abstraction administrative. C’est une réalité quotidienne.

Les services supports, les centres de santé, les PMI, la santé scolaire fonctionnent aujourd’hui en dessous de leurs seuils. Les arrêts maladie augmentent. Ce n’est pas une coïncidence. La CGT demande que les postes vacants soient publiés sans délai et ouverts aux candidats extérieurs à la Ville. Attendre les résultats de concours pour recruter, dans ce contexte, c’est choisir sciemment de laisser des services à dépérir.

Un service public de santé ne se construit pas avec des intentions bien formulées.

Il se construit avec un budget à la hauteur, avec une offre de soins élargie, et des effectifs statutaires en régie. Pas de prestataires, pas d’externalisations qui fragilisent la continuité des missions et précarisent ceux qui les assurent. Des agents titulaires, avec les garanties qui vont avec, au service de Parisiens qui n’ont pas le choix de leur médecin de quartier.

Monsieur le Président, la CGT vous dit ceci clairement. Ce que vous appelez de vos vœux, nous le voulons aussi. Mais ce « nous » ne peut pas être un mot de tribune. Il implique les agents, ceux qui ouvrent les centres chaque matin, qui reçoivent, orientent, soignent, accompagnent. Sans eux, il n’y a pas de service public parisien. Il y reste une architecture administrative et des portes fermées.

Investir dans un service public ouvert et bienveillant, selon votre propre formule, cela commence par traiter ceux qui le font tourner avec la même bienveillance. Cela se mesure en postes, en locaux, en reconnaissance salariale, pas en discours de rentrée.

La majorité municipale porte des projets de santé publique ambitieux. Tant mieux. Mais ces projets ne se feront pas sans les agents. Ce n’est pas un slogan. C’est un constat, et il vaut avertissement.

 

CGT Ville de Paris, Direction de la Santé Publique

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