Le maire de Paris laisse ses agents handicapés sur le trottoir

Le maire de Paris laisse ses agents handicapés sur le trottoir

La Ville de Paris revendique une politique ambitieuse en faveur du handicap. Dans les discours, elle se veut exemplaire. Dans les faits, elle abandonne aujourd’hui ses propres agents.

Depuis le 13 juillet, des agentes et agents en situation de handicap, dont les déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail étaient assurés en taxi sur prescription médicale, se retrouvent brutalement privés de toute solution de transport adaptée après la liquidation judiciaire de la société Hype.

Cette rupture est intervenue sans dispositif de continuité réellement opérationnel, laissant des agents dans une impasse du jour au lendemain. Pour ces agents, le transport adapté n’est ni un privilège ni un avantage.

C’est la condition même de leur maintien dans l’emploi. Pourtant, la Ville leur répond désormais de prendre les transports en commun, d’utiliser leur véhicule personnel, de télétravailler ou de solliciter leurs proches. Une réponse qui méconnaît totalement la réalité du terrain. Beaucoup ne peuvent ni conduire, ni emprunter les transports collectifs, et nombre de leurs missions ne sont tout simplement pas télétravaillables.

Plus grave encore, la Direction des ressources humaines indique qu’aucun remboursement des frais de taxi avancés par les agents ne sera assuré durant cette période. Autrement dit, celles et ceux qui veulent continuer à travailler devront financer eux-mêmes un transport médicalement indispensable ou renoncer à exercer leurs fonctions. Certains n’auront d’autre choix que de poser des congés, de se placer en arrêt maladie ou de rester chez eux.

Cette situation est d’autant plus inacceptable qu’elle survient en pleine période de canicule et de fortes perturbations dans les transports franciliens. Les agents les plus fragiles sont aujourd’hui les premiers exposés aux risques pour leur santé, alors même que la collectivité a une obligation légale de protection et d’aménagement raisonnable des postes de travail.

Le calendrier annoncé par la Ville est tout aussi préoccupant. Une solution pérenne ne serait envisagée qu’à partir du 15 octobre. D’ici là, certains agents pourraient rester plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans transport adapté. La CGT refuse que les agents en situation de handicap soient contraints d’attendre ou mis en concurrence entre eux pour accéder à un droit essentiel : celui de pouvoir travailler.

Cette défaillance ne peut être imputée aux agents. La liquidation d’un prestataire ne libère en rien la Ville de Paris de ses obligations. C’est à l’employeur public d’assurer la continuité du service, de garantir le maintien dans l’emploi et de protéger la santé de ses personnels.

La CGT exige le rétablissement immédiat d’une solution de transport adaptée pour tous les agents concernés, le remboursement intégral des frais engagés, l’octroi d’autorisations spéciales d’absence lorsque aucune solution n’est possible, sans perte de salaire ni de droits, ainsi que la mobilisation de tous les moyens municipaux disponibles pour mettre fin à cette situation.
Une collectivité qui affirme défendre l’inclusion ne peut pas laisser ses propres agents handicapés sur le trottoir. Derrière les discours, il est temps que la Ville de Paris assume pleinement ses responsabilités.

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