Marie ne demande pas la charité. Elle demande simplement de vivre dignement de son travail.
Chaque matin, Marie accueille le public, répond aux questions, oriente les usagers, règle des situations parfois complexes. Depuis dix-huit ans, cette adjointe administrative fait vivre, discrètement, le service public et le rendu aux Parisiens.
Comme des milliers d’agents de la Ville de Paris, elle a choisi de travailler au service de l’intérêt général. Un choix de stabilité, d’utilité sociale et de responsabilité.
Pourtant, au fil des années, son salaire a cessé de suivre le coût de la vie.
Le gel prolongé du point d’indice a durablement érodé son pouvoir d’achat. Les revalorisations accordées ces dernières années n’ont pas compensé l’inflation. Les dépenses, elles, n’ont jamais cessé d’augmenter.
Le loyer absorbe une part toujours plus importante de ses revenus. Les factures d’électricité, d’assurance, les courses alimentaires, les transports : tout coûte davantage.
À la moitié du mois, son compte bancaire est déjà sous tension.
Et demain, une nouvelle dépense s’ajoutera encore.
À compter du 1er janvier 2027, une cotisation obligatoire à la prévoyance sera prélevée sur son salaire. Marie n’a jamais demandé cette charge supplémentaire. Pourtant, elle devra la financer.
Pour Marie, l’exécutif parisien doit prendre en charge à 100 % les cotisations de prévoyance. Il doit aussi renforcer la santé des agents avec une mutuelle aux garanties fortes, assortie d’une prise en charge importante par la Ville de Paris.
Marie est en colère, parce que dans le même temps, le Patronat veut augmenter encore la TVA, un impôt injuste qui frappe tout le monde mais pèse d’abord sur les ménages modestes, ceux qui consacrent l’essentiel de leurs revenus aux dépenses indispensables.
Marie ne réclame aucun privilège. Elle demande seulement de pouvoir vivre dignement du travail qu’elle accomplit chaque jour.
Son histoire est celle de nombreux agents de la ville de Paris, dont l’engagement permet aux écoles, aux crèches, aux bibliothèques, aux équipements sportifs, aux services sociaux et administratifs de continuer à fonctionner.
Pendant que leur pouvoir d’achat recule, le patronat, par la voix du Medef, continue de revendiquer de nouvelles exonérations de cotisations sociales, une baisse de la fiscalité des entreprises et une réduction des dépenses publiques, notamment par la diminution des effectifs de la fonction publique.
La logique reste la même : les salariés doivent faire des efforts supplémentaires, les services publics voient leurs moyens diminuer, et les usagers en subissent directement les conséquences.
Pendant que l’on demande toujours des efforts aux travailleurs, les grandes entreprises bénéficient depuis des années de dizaines de milliards d’euros d’aides publiques, d’allégements fiscaux et d’exonérations de cotisations. Pourtant, les salaires progressent peu, les emplois restent fragiles dans de nombreux secteurs et les dividendes distribués aux actionnaires atteignent, eux, des niveaux records.
Pour la CGT-SSCAAT, cette trajectoire n’est pas une fatalité.
Le syndicat refuse que les travailleurs financent toujours davantage un système dans lequel les richesses produites par leur travail sont captées par une minorité.
Il refuse que la TVA se substitue progressivement aux cotisations sociales, qui constituent le socle du financement de la Sécurité sociale.
Il refuse également que les politiques d’austérité continuent d’affaiblir les services publics, pourtant indispensables à la cohésion sociale.
La CGT revendique :
• une augmentation générale des salaires et une revalorisation du point d’indice à 6,5 euros ;
• le renforcement des services publics, avec des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins de la population ;
• davantage de démocratie sociale au sein des équipes et des collectifs de travail, pour que les agents puissent réellement participer aux décisions qui les concernent ;
• une prise en charge à 100 % par l’exécutif parisien des cotisations de prévoyance ;
• une mutuelle renforcée, avec des garanties fortes et une participation importante de la Ville de Paris au financement de la santé des agents ;
• l’arrêt des suppressions de postes et des politiques d’austérité qui dégradent les conditions de travail comme la qualité du service rendu ;
• une fiscalité plus équitable, dans laquelle les grandes entreprises et les revenus du capital contribuent à hauteur de ce qu’ils doivent payer ;
• le conditionnement des aides publiques au maintien de l’emploi, à l’augmentation des salaires et aux investissements utiles.
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Chaque jour, les travailleurs créent les richesses de ce pays.
Il est temps que ces richesses profitent d’abord à celles et ceux qui les produisent plutôt qu’à la seule rémunération du capital. Le travail de Marie a de la valeur. Il est temps que son salaire en ait lui aussi.
Ensemble, organisons-nous. Ensemble, mobilisons-nous.




